Quand Central Park était un bidonville

En octobre 1929, la Bourse de New York s’effondre suite au Black Thursday. Ce jeudi 24 octobre marque la première grande panique de ce qui deviendra la plus grosse crise économique du XXe siècle. A mesure que la dépression s’aggrave, des millions de familles perdent leurs emplois, épuisent leurs économies, et se font expulser de leurs foyers. Désespérés de trouver un toit, ces sans-abri ont alors construit des bidonvilles dans et autour des villes à travers tout le pays.

Le gouvernement ne fournissant pas l’aide attendu, le président Herbert Hoover (1874-1964) fut fortement critiqué pour les conditions économiques et sociales dans lequel se trouvait le pays. Les bidonvilles qui surgissaient à travers le pays portèrent alors le nom de “Hoovervilles”.

Dans les grandes villes des Etats-Unis, les sans-abri commencèrent à construire leurs propres baraques en bois et en ferraille. De petits bidonvilles sortirent de terre dans des terrains vacants ou dans des ruelles désertes. On en dénombrait trois principaux à New York, dont le plus connu était celui de Central Park.

A cette époque, le réservoir de Central Park fut mis hors service pour des travaux, laissant ainsi une grande étendue de terrain libre pour ce qui allait devenir la Great Lawn. Les travaux prévus à cet endroit furent retardés en raison de la crise économique. A la fin de l’année 1930, quelques personnes commencèrent à installer leur campement dans cette zone, à l’ombre des chics immeubles de la 5th Avenue et de Central Park West. Ils furent rapidement expulsés par la police. Cependant, le bidonville se reforma et abrita jusqu’à une trentaine de personnes. En Septembre 1932, il y avait 17 cabanes le long de ce qu’ils appelaient la «Depression Street».

Il y avait 1,2 million d’Américains sans abri durant l’hiver 1932-1933, et 2 000 d’entre eux étaient des New-Yorkais. Des bidonvilles semblables sont apparus dans d’autres quartiers de la ville dont notamment «Hardlucksville» qui comprenait 80 cabanes entre les 9th et 10th street de l’East River. Un autre, appelé «Camp Thomas Paine», était situé le long du Hudson, dans le Riverside Park. On en trouvait également un dans le quartier de Red Hook dans Brooklyn. Le campement de Central Park était le plus célèbre. Il a disparu avant avril 1933, lorsque les travaux de remise en état du réservoir ont repris et que l’économie était en voie de rétablissement.

Photos : BETTMANN/CORBIS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *