Les secrets de … la Statue de la Liberté

Destinée à être un phare de promesses et de bienvenue pour les voyageurs entrant dans le port de New York, la Statue de la Liberté est aujourd’hui l’un des sites les plus visités de la ville américaine. Gage d’amitié entre la France et les Etats-Unis, la statue a une histoire et des détails architecturaux qui font d’elle un monument unique. Retour sur quelques secrets et anecdotes amusantes sur la Statue de la Liberté.

Une femme à l’origine de la statue

Plusieurs sources mettent en avant des modèles différents qui ont permis de façonner le visage de la statue. Les historiens ne sont sûrs de rien, et en sont réduits à de simples hypothèses. Il semble cependant très probable que le sculpteur Frédéric Bartholdi ait pris comme modèle le visage de sa mère, Charlotte Bartholdi (1801-1891), dont il était très proche.

Un Melting pot d’inspirations

Selon certains historiens, le sculpteur Bartholdi se serait inspiré de l’un de ses précédents projets qui fut rejeté à deux reprises : il s’agissait d’un phare représentant la déesse Libertas, qui aurait été placé à l’entrée du canal de Suez. Ce projet était lui-même inspiré par un autre monument de l’Antiquité : le Colosse de Rhodes, qui, selon les historiens, aurait surplombé l’entrée du port de Rhodes en Grèce.

La coiffe de la statue serait inspirée de celle de Junon, qui se trouve sur le Grand Sceau de France, symbole de la République française depuis 1848, date de la Seconde République. Junon qui symbolise la Liberté, porte, comme la Statue de la Liberté, une couronne à sept branches, représentant les sept mers et continents de la planète.

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Le Grand Sceau de la République française.
Liberty Island, un ancien centre de mise en quarantaine

L’île qui abrite la Statue de la Liberté, officiellement appelée Liberty Island depuis 1956, a été une propriété privée dès la prise de contrôle britannique de la Nouvelle-Amsterdam en 1664. Elle a ensuite été connue comme l’île de Bedloe. Elle faisait partie d’un ensemble d’îles, appelé les Iles Oyster, connues pour les énormes bancs d’huîtres qui les entouraient. Pendant l’époque coloniale, l’île fut achetée par Archibald Kennedy, 12e comte de Cassilis et chef du clan Kennedy en Ecosse. Il y installa une résidence estivale, et permit l’utilisation de l’île comme centre de quarantaine contre les maladies contagieuses, notamment la variole.

Bedloe’s Island before the Statue of Liberty
Bedloe Island choisie pour accueillir la Statue de la Liberté.

Le 18 février 1758, la ville de New York en fit l’acquisition pour la somme de 1000$ et continua à utiliser l’île comme centre de quarantaine. En 1800, l’Etat de New York la céda au gouvernement fédéral, en même temps qu’Ellis Island et Governors Island.

Bedloe Island devenue Liberty Island
Bedloe Island devenue Liberty Island.
L’entrée est interdite à l’intérieur de la torche.

Lors de la première guerre mondiale, en 1916, les Etats-Unis ne prennent pas part directement au conflit. Ils se contentent de fournir les pays en guerre. Des espions allemands vont saboter la Statue de la Liberté en détruisant une réserve d’explosifs, stockée sur Black Tom, une petite île américaine située au large de Jersey City. L’explosion provoqua un énorme feu d’artifice de force 5,5 sur l’échelle de Richter. Des éclats dus à l’explosion ont endommagé la Statue de la Liberté, entraînant plus de deux millions de dollars de réparations. L’accès à l’île fut interdit les jours suivants. Afin de la réparer, le gouvernement engagea le sculpteur Gutzon Borglum, qui conçut plus tard le Mont Rushmore. Depuis cet incident, le bras droit et la torche de la statue sont fermés aux visiteurs.

Une statue en kit ! 

Les 300 pièces de cuivre constituant la statue ont été emballées et transportées dans 214 caisses pour le voyage vers l’Amérique, à bord d’un bateau à vapeur, appelé l’Isère, qui a presque failli couler dans l’océan déchaîné. La statue a été complètement réalisée et assemblée en France, puis démontée et expédiée à New York pour le remontage. Le démontage de la statue commença fin 1884 et se poursuivit durant trois mois. Les diverses pièces furent numérotées et ensuite rangées dans plus de deux cents caisses.

The Statue of Liberty in Paris, 1887. Ready for shipment to the United States.
La Statue de la Liberté montée et assemblée à Paris dans les ateliers de Bartholdi.

La statue arrive à New York le 17 juin 1885, sans son bras droit, ni sa torche et sa tête. Ces trois éléments ont été réalisés avant le reste de la statue et ont été exposés en France et aux Etats-Unis dans les années 1870 afin d’aider à son financement. La tête de la statue fut présentée à l’Exposition Universelle de Paris en 1878, alors que le bras portant la torche fut exposé dans le Madison Square Park de Philadelphie, de 1876 à 1882.

This is a photo showing the head of the Statue of Liberty on display in France early in 1884 prior to being shipped to the United States. (Photo from the Library of Congress)
Exposition du visage de la Statue de la Liberté en 1878 sur le Champs de Mars.
The arm and torch of the Statue of Liberty in Madison Square Park, New York.
Exposition de la torche de la Statue de la Liberté dans Madison Square Park.

200 000 personnes sont venues accueillir l’Isère, reflétant ainsi un changement d’opinion concernant la sculpture. La statue fut finalement inaugurée le 28 octobre 1886, par le Président des Etats-Unis, Grover Cleveland.

De 1886-1902, la statue fonctionna en tant que phare, éclairant l’horizon sur une distance de plus de 38 km. Un gardien de phare avait même été assigné à la statue, et un générateur d’électricité avait été installé sur l’île afin de faire fonctionner la structure.

A l’origine, la statue n’était pas de couleur verte

En effet, la Statue était recouverte d’un cuivre terne de couleur brune. Au fil du temps, le cuivre s’est oxydé, laissant apparaître une couleur verdâtre. En 1910, elle était à moitié brune et à moitié verte. Ce n’est qu’en 1920 que la Statue de la liberté est devenue verte de la tête aux pieds.

La statue ne porte pas la flamme originale

Pour son centenaire, la torche de la statue a été reconstruite en 1986 afin de refléter la conception originale de Bartholdi. Elle a été remplacée par une nouvelle torche de cuivre recouverte de feuilles d’or de 24 carats. La torche originale se trouve aujourd’hui dans le musée de Liberty Island.

The old flame and torch platform, looking east with New York harbor, Ellis Island and lower Manhattan in background
Photographie de l’ancienne torche avec vue sur le port de New York, Ellis Island et Lower Manhattan.
New Torch and Flame with Manhattan skyline in background, December 17, 1985
Photographie de la nouvelle torche en décembre 1986.
La statue est construite sur un ancien fort

Saviez-vous que le socle de la Statue de la Liberté était auparavant un fort ? En effet, le piédestal sur lequel se dresse la statue était à l’origine un fort, appelé Fort Wood, construit de 1806 à 1811. Le fort fut baptisé en l’honneur du lieutenant-colonel Eleazer Derby Wood, combattant lors de la guerre anglo-américaine de 1812. Il eut le surnom de Star Fort, grâce à son plan en étoile à onze branches. Il a accueilli 77 canons montés et 350 soldats de l’armée américaine pour protéger le port de New York. Il était la résidence de familles de l’armée de 1811 à 1930. Aujourd’hui, le fort a été transformé en musée.

Des répliques de la Statue de la Liberté

La statue de la Liberté est l’un des monuments les plus célèbres de New York. Il existe partout dans le monde des répliques de la statue, de tailles plus ou moins importantes.

On trouve plusieurs répliques en France, et surtout à Paris : l’une se situe à l’extrémité de l’île aux Cygnes, au niveau du pont de Grenelle ; une autre dans le musée d’Orsay (anciennement présente dans le Jardin du Luxembourg) ; ainsi que deux autres répliques (une en plâtre et une en bronze) au musée des Arts et Métiers.

En plus d’accueillir la véritable Statue de la Liberté, la ville de New York contient plusieurs répliques. Une réplique de la statue se trouve dans le musée de Brooklyn, une autre, mesurant 4,5m avec le piédestal, en face du 667 Madison Avenue, au sommet d’un toit dans le Bronx. Une réplique se trouve aussi dans le MOMA. Enfin, une version plus amusante en Lego se trouve à Times Square, dans le Toys’R’Us.

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