À New York, une ville emblématique connue pour sa vigueur et son dynamisme, le rugby a tenté de s’immiscer dans le cœur des Américains, mais cette aventure s’est soldée par un échec cuisant. Créée en 2018, la franchise Rugby United New York (RUNY) a connu un parcours fastueux en remportant la Ligue en 2022, mais a finalement été mise en sommeil en octobre 2023. Cet article explore les défis et les espoirs qu’a suscités cette aventure sportive, ainsi que les dynamiques sociales et économiques qui ont influencé son destin.

Le début d’une aventure prometteuse

Le printemps 2019 semblait prometteur pour Rugby United New York, alors que le soleil couchant illuminait Coney Island. Ce coin emblématique, où se mêlent attractions vieillissantes et traditions culinaires, était le cadre parfait pour le premier match à domicile de la franchise. L’odeur des hot-dogs et l’effervescence du public accompagnaient cette première rencontre contre les Toronto Arrows. La victoire (21-17) au terme de cette soirée historique a marqué le début d’un rêve américain pour le rugby.

Pour les amateurs de rugby en Europe, cet événement représentait bien plus qu’un simple match. Il symbolisait l’espoir d’une expansion du rugby dans l’une des plus grandes villes du monde. Les investisseurs affluaient, attirés par la promesse d’une Coupe du monde organisée par les États-Unis en 2031. James Kennedy, un entrepreneur d’origine irlandaise, a ainsi acquis la licence de la MLR, voyant en cette opportunité une union parfaite entre ses passions et les ambitions d’une ville en pleine effervescence.

Les premiers accomplissements et les rêves brisés

Au fil des saisons, Rugby United New York a commencé à attirer une petite communauté de fidèles. Avec un ancien directeur général du Stade français, Pierre Arnald, à ses côtés, l’équipe a recruté d’anciennes gloires du rugby, telles que Ben Foden et Mathieu Bastareaud. Après une première saison encourageante, où l’équipe a atteint les demi-finales, l’espoir était palpable. C’était un moment magique, une bouffée d’optimisme pour tous ceux qui croyaient en l’avenir du rugby à New York.

Cependant, derrière cette façade glorieuse, des fissures commençaient à apparaître. Le club faisait face à une série de changements de nom et de stade, réduisant ainsi sa capacité à fidéliser un public enthousiaste. Les déceptions s’accumulaient alors que le public ne se pressait pas, illustrées par une finale remportée en 2022 devant seulement 2 000 spectateurs, un chiffre dérisoire pour une ville qui regorge d’amoureux du sport.

Les raisons de l’échec

En octobre 2023, la réalité a frappé avec brutalité lorsque la franchise a été mise en sommeil. L’échec de la vente du club, frappée par le décès d’un projet d’investissement, a sonné le glas de cette aventure. La famille Bolton, propriétaire de l’équipe, n’a pas réussi à trouver un établissement. Pour les joueurs, cela fut un choc, un coup de massue sur les rêves qu’ils avaient nourris.

Parmi ces joueurs, le capitaine emblématique Dylan Fawsitt et d’autres ont été contraints de transférer vers Chicago. Pour Chris Mattina, enfant de Manhattan, l’expérience fut déchirante. « Les joueurs ont compris que nous ne pouvions plus continuer à pertes », souligne Pierre Arnald. Et la douloureuse vérité émergeait : rien ne garantit qu’un projet de rugby, même dans une ville aussi vibrante, puisse survivre sans des bases solides.

Des défis structurels à surmonter

Les raisons de cet échec résident également dans l’absence de droits télévisuels adéquats, qui pèsent comme une ombre sur le développement du rugby aux États-Unis. « C’est le véritable fond du problème », déclarait Pierre Arnald, expliquant que l’absence de diffusion limitait les possibilités de sponsoring nécessaires pour soutenir le club. Sans télévision, il n’y a pas de visibilité, et sans visibilité, le rugby ne peut espérer se frayer un chemin au cœur des sports américains dominants comme le basket, le football ou le baseball.

Les coulisses de ce drame sportif témoignent aussi des enjeux culturels de l’Amérique. Le rugby ne possédait pas encore de programme de développement universitaire, rendant difficile l’émergence de jeunes talents. Les nombreux enfants américains se dirigeaient vers des sports financés par les universités, éludant un sport qui n’est pas encore ancré dans le paysage éducatif. Le chemin vers une telle intégration est long et semé d’embûches.

Une amertume pour l’avenir

Le rêve de Rugby United New York, un club que tant espéraient voir prospérer dans la ville qui ne dort jamais, s’est évanoui en un éclair. C’est une question de temps avant que cette page soit tournée, mais pour l’instant, il est difficile d’imaginer le rugby trouver sa place alors que des géants sportifs dominent le stade d’un côté de l’Atlantique.

La fin de cette aventure ne doit pas être le dernier chapitre du rugby à New York. Alors que les États-Unis se préparent à accueillir la Coupe du monde en 2031, une lueur d’espoir persiste. Peut-être que cette expérience, bien que douloureuse, fournira des leçons précieuses pour les futures initiatives visant à installer le rugby dans le cœur vibrant de New York.


Thomas

Bonjour, je m'appelle Thomas, j'ai 28 ans et je suis passionné de voyages. J'aime découvrir de nouvelles cultures, déguster des spécialités culinaires locales et partager mes expériences avec d'autres voyageurs. Rejoignez-moi dans cette aventure et explorons le monde ensemble !